Ma biographie

Né de parents instituteurs de campagne, son avenir était tracé : il serait enseignant. Tout petit, il voit ses parents s’investir pour leurs élèves ans des « distributions de prix » homériques. Pendant un mois chaque année la maison est envahie par des parents fabriquant des costumes en papier crépon. Papa pique et maman coût. Les répétitions de chants et scénettes se succèdent. La grange du coin est transformée en vraie salle de spectacle. Pour faire jolin on emprunte les tentures e l’église ( les noires pour les enterrements sont les plus seyantes) comme rideau de scène et, en échange, le curé vient chercher des enfants de chœur, pendant l’école, quand il en a besoin. Cette « laïcité » pragmatique (autorisée par l’absence « d’école libre » dans le village), forme de tolérance surréaliste pour un père « laïquard », le marquera profondément, définitivement liée, dans son esprit, avec les premiers plaisirs de « spectacle ». C’est encore l’époque des « galas de prisonniers », où, chaque années, les prisonniers de guerre se retrouvaient pour une fête de village. Ils y jouaient des spectacles d’un goût discutable sans doute mais qui généraient, chez tous les habitants une joie de se retrouver libres, une convivialité et un bonheur ineffables.

Après une scolarité très chaotique, il entre à l’Ecole Normale d’Instituteurs d’Alençon, mais, pour passer son « BAC » philo, il doit s’expatrier à l’Ecole Normale de Filles du Mans. (9 garçons   « pour » 350 filles … le Paradis … )

Et c’est aussi cette année-là qu’il suit son premier « stage Jeunesse et Sports d’Art Dramatique » avec André Malartre qui deviendra son « Maître ».

En 1967, il obtient son CAP d’instituteur, en 1968, il est sur les barricades et en 1969, il est mobilisé pour 15 mois. Là il décide qu’il ne sera jamais enseignant. Il a trouvé sa voie : ce sera le « monde du spectacle ».

Pour ne pas avoir à rembourser ses études, il est « détaché » comme Assistant d’Education Populaire à la Jeunesse et aux Sports. Il se forme à la gestion, à l’administration, passe des examens. Il y organise des tournées d’artistes (Franscesca Solleville, Maurice Fanon, Avron et Evrard, Marc Ogeret, Jean-François Panet … dans 10 villages de L’Orne) ; C’est à l’occasion de ces tournées qu’il lie des liens d’amitiés indéfectibles avec certains artistes et certains spectateurs (c’est à Saint Georges des Groseillers qu’il a rencontré le gamin François Morel par exemple. Ils sont toujours amis proches.)

Il y apprend les valeurs « d’Education Populaire » qui guideront sa vie.

Parallèlement, il suit, puis encadre des « ateliers de formation de comédiens », des stages (de perfectionnement, de réalisation …) devient l’assistant d’André Martre puis se lance. Il crée sa troupe et aménage à Alençon un ancien cinéma en salle de spectacle.

Il milite contre la municipalité de droite de l’époque et, en 1977, Pierre Mauger, socialiste, est élu maire et luis confie le tout nouveau « drôle de théâtre » que le maire précédent avait fait construire ?

Les premières années sont difficiles. Le public est rare pour une programmation traitée d’ « avant-gardiste » par tous ceux qui ne viennent pas. Les attaques sont nombreuses et violentes. Heureusement, le maire est quelques rares conseillers le soutiennent. Il apprends que le professionnel qu’il est devenu ne peut rien faire sans le soutien des élus et que, heureusement la démocratie fait que ce sont bien les élus qui décident de la politique culturelle d’une ville ou d’un état.

Il mettra dix ans à remplir le théâtre (devenu en 1982 « Scène Nationale »)

L’établissement étendra son action vers les villes de Flers, La Ferté Macé puis Mortagne pour devenir la « Scène Nationale 61 ».

Belle histoire qu’il conduira jusqu’en 2006 avec des élus de diverses sensibilités politiques (Pierre Mauger – PS – puis Alain Lambert (UDI) à Alençon, Michel Lambert PS puis Yves Goasdoué – PS – à Flers et Jean-Claude Lenoir _ UMP – à Mortagne.) Il apprendra qu’à condition de ne point être militant actif, on peut être de gauche et bâtir des projets en toute liberté avec des élus sincèrement républicains de couleurs politiques différentes dans le respect mutuel.

Pendant cette longue carrière (30 ans), les chiffres donnent le tournis. Au total, il aura vu quelques 6 000 spectacles, en programmera 1 500 pour 3 709 représentations et 750 000 spectateurs. (Compte non tenu des spectacles qu’il aura joués en tournée).

En 2007, le Président du Conseil Régional de Basse Normandie (Philippe Duron) le sollicite pour rejoindre son cabinet. Il sera son conseiller puis celui de Laurent Beauvais jusqu’en 2010.

Il se consacre depuis à la formation, prenant plaisir à échanger son expérience avec des stagiaires majoritairement agents territoriaux.

Et sa plus grande satisfaction, aujourd’hui, est de garder des relations amicales voire fraternelles avec les artistes, producteurs et programmateurs ce qui lui fait dire à qui veut l’entendre sa fierté d’appartenir aujourd’hui comme hier à la belle famille du spectacle vivant.

Metteur en scène
  • 1977 : L’empereur de Chine, de Georges Ribbemont-Dessaignes
  • 1978 : Désordre dans la bibliothèque, de Gilles Boulan
  • 1982 : Les Troyennes, de Euripide (adapation de Jean-Paul Sartre)
  • 1983 : Comédiens cherchent public pour (mou)rire d’amour et plus si affinités
  • 1984 : Vive la mariée, de Gillles Boulan
  • 1986 : Maman je t’aime … quand même, de Gillles Boulan
  • 1986 : Les années trente en chansons, spectacle musical
  • 1987 : De mémoire d’accordéon, spectacle musical
  • 1989 : En chantant la révolution, spetcacle musical
  • 1992 : Les aventures de Moussouke
  • 1995 : Erik Satie ou les confessions d’un précieux dégoûté, mis en scène pour deux guitares et deux comédiens
Comédien
  • 1970 : Périclès, de George Bernard Shaw, mise en scène de André Malartre : Cléon
  • 1972 : Tristan Le Fol, de Jean Laurent, mise en scène de André Malartre : Tristan
  • 1974 : Escurial, de Michel de Ghelderode, mise en scène de Jean-Pierre Dupuy, avec Jean-Marie Frin : le roi
  • 1975 : Marat-Sade, de Peter Weiss, mise en scène de Jean-Pierre Dupuy, avec Jean-Baptiste Malartre (aujourd’hui Sociétaire de la Comédie Française) : le Directeur de l’Hospice
  • 1976 : L’Opéra du gueux, de John Gay, mise en scène de Jean-Pierre Dupuy : Macky
  • 1978 : La musica, de Marguerite Duras : M. Nollet
  • 1980 : Autopsie d’un guerrier, de Gilles Boulan, mise en scène de Jean-Pierre Dupuy : le guerrier
  • 1980 : Cercle de craie caucasien, de Bertolt Brecht, mise en scène de Jean-Pierre Dupuy : le juge Azdac
  • 1981 : Le brave soldat Chveïk, de Jaroslav Hašek, mise en scène de Jean-Pierre Dupuy : Chveïk
  • 1983 – 1986 : Comédiens cherchent public – et plus si affinité, mise en scène de Jean-Claude Collot
  • 1983 : Hep-Hep, de Cécile Miguel et André Miguel, mis en scène de André Malartre
  • 1984 : Ma planète où mourir, mise en scène de Jean-Claude Collot
  • 1986 – 1989 : Les années trente en chansons, mise en scène de Jean-Claude Collot
  • 1987 : De mémoire d’accordéon, mise en scène de Jean-Claude Collot

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