Gauvain Sers

Rencontre récente, pour moi, mais extrêmement touchante.

J’ai découvert Gauvain Sers au Festival de Barjac et je l’ai rencontré avant même de savoir qui il était et ce qu’il faisait !!!
J’étais donc détendu, ignorant du fait qu’il était très connu du grand public.
Je vous raconte …
Le samedi 29 juillet 2017, Gérard Morel et François Morel étaient sur le grand plateau du Festival de Barjac. Jean-Claude Barrens, le directeur, avait organisé, le lendemain matin, comme il le fait systématiquement, une rencontre des artistes avec le public. Connaissant mon amitié avec ses deux-là, il m’avait demandé de participer à cette rencontre animée par Michel Kemper.
Gauvain Sers était programmé le lendemain, dimanche. Mais, ne pouvant être présent à la rencontre du lundi, il était invité à nous rejoindre et se trouvait à côté de moi.
Il parla peu. Mais sa pertinence me frappa et son humilité aussi. Il avait aimé le spectacle de la veille et son regard sur mes deux copains me toucha.

Le dimanche donc, nous sommes allés tous les 3 à son concert. Gérard le connaissait déjà mais François et moi sommes littéralement tombés devant son talent.
Puis j’ai assisté plusieurs fois à son concert, nous avons fait connaissance et j’ai appris à aimer l’homme autant que l’artiste.

Depuis il tourne sans arrêt, remplit les salles et vend des CDs… Et lui n’a pas changé, il est toujours aussi talentueux, humble, calme, mesuré, attentif, amical et bienveillant.

On a beaucoup dit et écrit à son propos… et de mon point de vue, beaucoup de reproches injustifiés, beaucoup de bêtises. Son succès fulgurant n’y est sans doute pas étranger, ses amitiés (notamment avec Renaud) non plus.
On lui reproche en particulier, sa ressemblance avec Renaud, justement.
D’abord, ce n’est pas une tare – il y a franchement pire – ensuite, je conteste cette ressemblance. Si, dans la forme de l’écriture, dans le vocabulaire, dans le « look », Gauvain s’inscrit évidemment dans la famille (des chanteurs-guitaristes populaires – dont Renaud), il est, sur le fond, son exact opposé.
Prenons l’exemple de « mon fils est parti au Djihad ». (Voir vidéo ci-contre)
Renauld aurait probablement traité (avec quelque légitimité) les terroristes de quelques noms d’oiseau et aurait partagé sa juste colère. Gauvain Sers choisit de se placer du côté d’une victime. Il n’attaque pas frontalement, il est (et nous place) en empathie… et moi je pleure et j’adore ça.

Il est du côté de ceux qu’on ne voit pas, de ceux dont on ne parle pas, du côté des gens ordinaires comme lui, comme nous.

J’ai lu, ici ou là, des critiques sévères condamnant son écriture, qualifiée de « faible » ou sa musique « ringarde ou simpliste ».
Il écrit et compose comme un garçon du peuple qui a été nourri, bercé, construit par la chanson française et qui ne cache ni ses admirations ni ses influences.

Il est, je le crois, l’un de nos nouveaux « chanteurs populaires » authentiques.

Il n’est jamais autant lui-même, aussi simple, aussi juste et émouvant que lorsqu’il se présente en duo avec son formidable guitariste Martial Bort.
Si vous avez le choix, préférez largement cette configuration à la grosse machinerie (4 musiciens, éclairages type « stade de France »), que sa nouvelle production lui a concoctée.

Gauvain Sers sort une nouvelle chanson en cette fin d’année que j’ai envie de partager avec vous (ci-dessous, bas de page): « Les oubliés »

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