Yves Jamait

Arrivé tardivement à la chanson, il a fait tous les métiers pour vivre.
Son passé « tumultueux », a d’abord nourri son inspiration et, comme beaucoup de ses « frères d’armes », il nous a dit son « mal-être », sa « picole », son « désamour »…
Il a tout appris sur le tas mais ce qu’il avait d’exceptionnel dès le début c’est une voix (qui s’écoute et ne se raconte pas) une capacité à produire des images justement touchantes et précises et une composition musicale simple sur des rythmes extrêmement populaires ; (Il était inspiré par les grands chanteurs populaires qu’il écoutait avant… d’Hallyday à Sardou plus que de Brassens à Trenet)
L’entendre raconter comment il a rencontré les chansons de Maxime Le Forestier par exemple – lors d’un feu de camp… comment il est « tombé dans la chanson », il a tout écouté, tout aspiré, de façon boulimique et passionnée… Comment avec un culot monstre (et inconscient), il s’est lancé lui-même… nous dit beaucoup sur ce qu’il est aujourd’hui. Son histoire atypique explique, de mon point de vue, sa totale sincérité (dans son écriture, comme sur scène), sa maîtrise de l’écriture et de la scène (le travail, il sait ce que c’est et il sait que la chanson est un métier), son urgence aussi et sa volonté de s’adresser aux gens « normaux », à ses semblables. Sa culture explique aussi son rapport avec ses musiciens, son « partenaire ? » ( Je ne sais comment définir son rôle auprès de lui tellement il est essentiel : Didier Grebot -bcf « portrait « de l’ombre »), ses amis, du métier et les autres, sa manière de travailler… et de vivre.

Je connaissais Yves Jamait quasiment depuis ses débuts et j’avais tous ces CD car je reconnaissais évidemment son talent
J’avais pourtant une petite réticence à son égard, la même qui freine mes ardeurs auprès de beaucoup de « chanteurs maudits » pour qui « la vie ne vaut pas d’être vêcue », « le monde n’est qu’une vaste merde », » l’amour toujours impossible » et » le salut au fond du verre de bibine ». Bien sûr que je les comprends, bien sûr que je les aime pour beaucoup, bien sûr que j’ai de l’empathie pour eux, bien sûr qu’ils ont le droit. Mais je n’ai pas (plus) envie d’entendre leur amertume nombriliste, parce que je ne partage pas leur point de vue, parce que j’ai envie de vivre pleinement le temps qui me reste … et, après tout, moi aussi, j’en ai le droit !!!

Et puis Yves Jamait a changé. Que dis-je, il a mué, muté.
Il a créé « Je me souviens »… en spectacle et en CD
Il a produit, un hymne à l’Amour, un hymne au bonheur, un hymne à la vie.
Ce jour-là, il est entré dans mon « Panthéon des vivants » et à l’une des toutes premières places.

Je le vois très souvent (autant que je le peux) et je l’écoute TOUS LES JOURS.
Et puis (puisque nous sommes entre nous, je peux bien vous raconter) il m’a offert le plus beau cadeau qu’un artiste puisse me faire : Un soir, très tard (mais très sobre), il y a plusieurs années, il m’a fait écouté les premières maquettes de ses chansons de l’album « Je me souviens ». Le casque sur les oreilles, les yeux dans les yeux, lui, guettant mes réactions et moi transporté dans son univers… ce moment d’intimité unique restera définitivement l’un des plus émouvants de ma vie. Et il a récidivé, le bougre avec des chansons qu’il pense enregistrer dans son prochain album et interpréter sur scène en 2019.

Oui, j’aime cet homme, ses chansons me comblent, son amitié m’honore… Et vous devriez le rencontrer (moi, je trouve !!!)

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