Daniel Gasquet

Artisan-directeur de « Vocal 26 », bonne « maison » de diffusion et de production de chanteuses et chanteurs que j’aime

Daniel Gasquet pratique l’activité la plus difficile et surtout la plus ingrate de tous les métiers du spectacle. Je le sais, je l’ai fait pendant 2 ans !

Exactement placé entre le marteau (l’artiste) et l’enclume (l’acheteur), celui qui est censé « vendre » les spectacles de ses « poulains » ne satisfait jamais personne.
L’artiste aimerait être « vendu » d’avantage et plus cher, alors que l’acheteur voudrait l’acheter le moins cher possible à la date qui l’arrange.
De plus le « tourneur » (terme souvent perçu comme péjoratif) se paie « sur la bête », en ne prenant qu’un pourcentage sur le prix de vente du spectacle. C’est donc un métier pas très sexy, où on parle beaucoup d’argent et souvent peu d’artistique et qui véhicule une image peu sympathique de marchand arrogant au gros cigare et berline de luxe.

La caricature était courante à une certaine époque et il en existe encore, dans le mauvais show-bizz, quelques scories.

Mais Daniel Gasquet est l’exact contraire de ces « margoulains ».

Il réussit l’impossible:
Il propose à des théâtres peu fortunés de programmer des chanteurs inconnus du grand public en exigeant des conditions de travail « normales » pour des salaires équitables.
Et ce n’est pas tout.
Il ne s’occupe que d’artistes qu’il admire et auxquels il croit.
Mais, en plus, il a instauré depuis toujours, un mode de décision collégial à peu près impossible à tenir sauf si l’on parvient à constituer une sorte de « famille ».
Et il existe bien une « famille  » VOCAL 26″. Et c’est toute cette famille que j’aime.

Daniel connaît tout le monde dans la Chanson Française et tout le monde le connaît.

J’admire sa capacité d’écoute, son intelligence de la scène, sa connaissance du milieu et son extrême bienveillance.
Combien de fois ai-je discuté avec lui de créations qu’il défendait avec raison mais qui nécessitaient des mises au points, un travail complémentaire, des ajustements nécessaires avant d’être confrontées au public.
Sait-on combien il est difficile de faire comprendre à un artiste de talent qui a tout donné de lui-même dans sa production, qu’il a pu peut-être se tromper et qu’il lui faut travailler encore et encore avant de se confronter au public?
J’ai vu Daniel à l’oeuvre… au combat… j’ai admiré sa lucidité, son professionnalisme, sa rigueur et sa détermination auprès des artistes comme avec les « diffuseurs ».

En apprenant sa volonté de gentiment « lever le pied » pour passer doucement la main, sur plusieurs années, à ses collaborateurs(trices), je pourrais être inquiet.
Je ne le suis pas.
Il a tellement su insuffler à toutes ses équipes cet esprit « VOCAL 26 » que je suis certain qu’il pourra tranquillement passer les manettes en suivant, en bon père de famille et de pas trop loin son bébé poursuivre sa route.

Et c’est heureux parce que des Daniel Gasquet et des « boîtes » comme Vocal 26, franchement, je n’en connais pas d’autres.

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