François Morel

Des milliers d’auditeurs attendent, chaque vendredi à 8 h 55, sa chronique sur France-Inter, comme un rayon de lumière, une bouffée d’oxygène, un instant de tendresse, un moment de légèreté dans ce monde difficile.
Des milliers de spectateurs, partout en France et depuis des années assistent à ses spectacles. Partout les salles sont pleines, les spectateurs heureux d’avoir été là. (Ce n’est pas sont passage à l’Olympia, début mai 2018 qui me démentira)
Ses livres sont en très bonnes places dans les librairies…

Je ne rencontre personne « disant du mal de lui », (dans un milieu où la pratique peut exister  !!).

Evidemment la période « Deschiens » l’a rendu extrêmement populaire mais il y a prescription et les quelques personnes qui viendraient encore espérant retrouver le gars Morel sur scène sont rarissimes (il y en a encore quelques uns !).

Si le public l’aime tant, c’est sans doute parce qu’il est évidemment comme nous, un homme normal, qui nous ressemble, que vous croisez à la supérette ou au bistrot du quartier…

Mais je crois que sa popularité tient au « monde » qu’il nous propose. A la vision qu’il a de ce monde, de la vie quotidienne qu’il partage avec nous et à laquelle il réagit comme nous… Enfin presque comme nous… Comme on aimerait réagir.

Son secret ? (de mon point de vue, bien sûr) la bienveillance. Il m’a appris la bienveillance. Les choses du quotidien l’étonnent, le surprennent, l’amusent parfois, l’intéressent toujours. Et surtout les gens, tous les gens, connus ou anonymes, riches ou pauvres, lâches ou héros, banals ou exceptionnels… l’émeuvent. Il est en empathie permanente.

Et que fait-il de cette quête, de cette « moisson de l’autre » ? Une fable.

De l’anecdote, il construit le signe, l’emblème. Du symptôme, il décrit la pathologie.

Chacune de nos attitudes, de nos paroles, de nos actions… décrit la société dans laquelle nous vivons. Nous fabriquons notre société, nous « sommes » notre société. Et François Morel,, à travers nos petites histoires, ne fait que nous décrire notre société, nous la rendre plus lisible. Comme nous sommes des gens « formidables » (au sens propre: « excellent – grand, puissant – qui inspire une grande crainte) notre monde, vu par François Morel est « formidabe » au sens propre. Nous en sommes parfois inquiets, souvent amusés, généralement flattés et toujours heureux.

Quels que soient les disciplines, (écriture – d’abord -, chronique, théâtre, chanson,  François Morel est, pour moi, avant tout, un magnifique fabuliste de notre temps. Le regard bienveillant qu’il porte sur lui, sur nous, sur nos vies, nous aide à nous comprendre, à nous accepter tels que nous sommes, à nous aimer. Et c’est en cela, je crois, qu’il nous est tellement précieux.

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