Michel Simonot

Venant de « l’animation » et « biberonné » à « l’Education populaire » (notion à laquelle je crois encore éperdument au risque de passer pour un ringard), j’ai évidemment été passionné dès mes premières rencontres avec Michel Simonot. Je l’ai lu et je l’écoute.

Je suis passionné par ce qu’il dit mais j’aime aussi énormément la manière. (Voir la vidéo). Jamais dogmatique ou donneur de leçon, il donne l’impression de réfléchir avec vous, en même temps que vous. J’aime quand, en réunion, sa passion l’emporte. Je l’ai vu s’énerver vainement, chercher un allié d’un regard éperdu dans des réunions de comédiens en lutte, jamais fatigué, les « mains dans le cambouis », comme il dit.
Sa double « casquette » de chercheur et d’artiste représente une richesse rare qu’il sait exploiter avec talent dans les deux domaines.
J’aime aussi échanger (trop rarement à mon goût) avec lui parce que je suis tellement en accord avec ses positions qu’il m’aide à clarifier ma pensée. Comme la plupart des vrais intellectuels (comme je les aime), il est simple et clair. Après un échange avec lui, j’ai l’impression d’avoir tout compris et d’être très intelligent. C’est tellement agréable .

Michel Simonot fut et reste une de mes précieuses boussoles quand il m’arrive, encore aujourd’hui, (et plus fréquemment que je ne laisse entendre) de m’interroger sur la « marche du monde » et particulièrement sur le rôle que le monde politique donne à « l’art et à la culture ». (Qui en parle encore ? Quel définition en donne-t-il ?)

J’aimerais beaucoup échanger avec Michel sur la question de « La politique culturelle municipale ». Les élections municipales sont prévues pour 2020 !.
Michel… On se téléphone, on se fait une bouffe ?

Pour mémoire,
Dans les premières années de son travail de recherche universitaire, Michel Simonot focalise son travail autour de l’animation socio-culturelle et des enjeux politiques et culturels de l’éducation populaire. Il participe à plusieurs études sur ces sujets, axant sa réflexion sur le rôle de l’animateur/médiateur socio-culturel. Dans un premier temps il écrit des ouvrages de référence sur l’animation et la formation des animateurs, militant spécifiquement pour leur professionnalisation et analysant leur composition sociale et leurs aspirations. Il rejoins ensuite “l’école”  de Pierre Bourdieu, ce qui l’amène à une « critique idéologique de l’animation socioculturelle (telle qu’elle se définissait alors dans les années 1970), mais pas de l’éducation populaire ». Son travail de sociologue portera de plus en plus sur les enjeux politiques et sociaux de la vie culturelle et artistique.
Aujourd’hui, il consacre sa réflexion à l’analyse des rapports entre l’artistique et le politique. Il s’engage contre la » tentation » de la part des politiques de faire une lecture de rentabilité (économique ou sociale) de l’art, la culture et de l’animation. Il a réalisé de très nombreuses études sur les rapports entre enjeux politiques et enjeux artistiques. Il écrit sur les rapports entre l’écriture et la représentation scénique (le théâtre, les arts de la rue, etc.).

Son dernier ouvrage, La langue retournée de la culture, (Éditions Excès, mars 2017) est consacré à l’analyse des transformations de la langue des politiques culturelles dans le cadre du néo-libéralisme.

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