Michel Vivier

Comédien de théâtre et de cinéma, metteur en scène, directeur de compagnie, directeur de théâtre, vidéaste, animateur, producteur, auteur… Michel Vivier fait tout, sait tout faire… et je crois bien qu’il est heureux

Je connais Michel Vivier depuis… toujours
Et toujours au même endroit : Granville, dans SON département, la Manche.

J’ai vu beaucoup de ses spectacles parce qu’il en a fabriqué beaucoup et de très différents.
Dans son théâtre (Théâtre de la Presqu’ile), bien sûr, mais aussi
dans des villages autour – formidable proximité avec « les gens qu’il aime tant », ses semblables, ses frangines et frangins, ses amis, ses potes… –
à Avignon,
sur les scènes de la Région…

Et toujours, à chaque fois, la même réflexion de ma part :
« En fait, c’est vachement bien ! »
Tout est dans le « En fait »
Etait-ce parce que j’étais surpris, ne m’attendant pas à une telle « qualité » de la part d’une « petite compagnie régionale » ? Surement pas
« En fait » parce que chaque représentation confirmait ce que je pensais depuis toujours de son travail (et de l’homme), remarquable à bien des égards :
Michel est d’abord un comédien aux pratiques exceptionnelles dans notre région (je crois que c’est le seul) :
1/ Il tourne énormément pour le cinéma, et dans des séries télévisées, et souvent des seconds rôles très intéressants
2/ Il donne beaucoup dans la publicité (On l’a vu souvent à la télé dans des pubs très connues)
et peu de gens le savent par ici
3/ Il mène localement un travail théâtral professionnel exemplaire pour les habitants et l’ensemble de la Région.
4/ Malgré cet éclatement de ses activités, il ne fait qu’une seule chose : son « œuvre » : Il nous fait connaître et aimer ce personnage de nos campagnes, forgé à la ruralité, pétri du bon sens paysan, philosophe de comptoir, souvent laissé pour compte. Il ne le joue pas… Il est ce personnage.
Qu’il tourne une pub pour des camions, qu’il joue un curé dans une série, un clochard au théâtre… Il est ce rural là.
Il est de ces comédiens qui n’interprètent pas un personnage mais qui amènent le personnage à eux.
Et Michel le fait formidablement bien parce qu’il n’est jamais ni dans la caricature, ni dans le folklore, ni dans la complaisance.
Il est ce personnage avec tendresse, empathie mais sans concession.
Je le soupçonne de gagner sa vie avec l’audio-visuel pour le dépenser pour son théâtre, pour payer ses comédiens et faire vivre la maison (qui de bénéficie pas, de mon point de vue, des aides qu’elle mériterait).

J’aime profondément à la fois ce travail et cet homme (que je connais bien, depuis le temps)…  Et pourtant, je ne l’ai jamais programmé.

Et je veux expliquer pourquoi ici parce qu’il doit le prendre comme un compliment.

Michel Vivier fait partie de ces artistes que je connaissais bien, appréciais beaucoup et pour lesquels pratiquement chaque saison, j’envisageais de les inviter.
Et puis, lorsqu’il s’agit de choisir, la plupart des propositions qui nous sont offertes ne dureront pas,  n’existeront qu’une année, et nous devons, évidemment les programmer en priorité. Alors que Michel Vivier, je me disais que je pouvais attendre, que je le prendrai la saison suivante, certain que son prochain spectacle sera toujours de la même veine, de la même qualité. Tous les programmateurs (et Michel sait de quoi je parle) ont vécu ce phénomène et  c’est exactement ce qui s’est passé pour lui.
Je ne le regrette ni pour lui (il s’en est heureusement tiré très bien sans la Scène nationale) ni pour moi mais je suis un peu triste que le public qui me faisait confiance n’ait pas eu la chance de le rencontrer.
Il n’est pas trop tard, bien sûr. Il dirige toujours Le Théâtre de la Presqu’île à Granville avec le même bonheur.

Et Michel nous propose une gourmandise supplémentaire : une « web-série » (qui fait un triomphe sur la toile) et dont je vous propose 2 extraits ci-dessous : « Chez René, Bar des sportifs »

 

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