Pierre-Michel Robineau

Jeune homme, il sévissait dans un groupe de musiciens-chanteurs « approximatifs » amateurs dans la région d’Alençon. Comme tant d’autres, ils avaient sollicité le directeur de la Scène Nationale pour y être programmés  et, comme pour tant d’autres, le directeur avait refusé parce que « amateurs » et « approximatifs », ils ne relevaient évidemment pas d’une diffusion professionnelle.
Je croyais Pierre-Michel Robineau fâché, (comme tant d’autres à qui j’avais dit non) et d’ailleurs il l’était… fâché.

30 ans plus tard, je retrouve Pierre-Michel au Mans, responsable d’un festival de chansons. J’avais oublié l’épisode… Pas lui !
Mais à ma grande surprise, il m’aborde en me rappelant l’anecdote et en me précisant qu’avec le recul, il considérait que j’avais eu raison et que j’avais bien fait mon travail.
Toujours sensible aux compliments, j’apprécie la classe de cet homme que je vais apprendre à connaître et à apprécier.

Toutes ces années, il les a passées au Mans. Il y est devenu un fonctionnaire très important, responsable incontournable même, dans tous les secteurs culturels et événementiels de la ville. Sorte de « Géotriouvetout » discret, il fourmille d’idées, organise énormément de choses passionnantes et les réalise souvent lui-même. Il est, semble-t-il, à la fois responsable de la culture, de l’événementiel, un peu directeur d’un service, sous-directeur d’un autre, un  peu conseiller du maire, un peu animateur direct… J’ai le sentiment confus d’une agitation un peu désordonnée dont il n’est pas forcément responsable. Bien qu’en fonctionnaire loyal il n’en dise rien et n’en laisse rien paraître, j’ai l’impression, peut-être à tort, que cette situation ne le satisfait pas complètement et qu’il a quelques idées plus précises d’une « politique culturelle de ville plus cohérente ». Il aurait, en tous cas, l’envergure de la porter.

Et il est aussi directeur du « Pôle cirque » du Mans, (tant qu’à faire !) lequel manifestement le passionne à juste titre et pour lequel il a de grandes ambitions nationales.

J’ai assisté à plusieurs spectacles du festival « Le Mans fait son cirque »organisé fin juin 2018 par cette institution  qu’il dirige ainsi qu’à sa « Parade », énorme et magnifique qui m’a rappelé celle, grandiose, de Québec par son ampleur, son organisation, ses objectifs et son sens du « vivre ensemble ».
Ce fut une fête somptueuse et un festival vraiment passionnant. Je me suis régalé..
Et, chose plus rare, j’ai remarqué dans les spectacles produits par le Pôle, une véritable ligne artistique, un propos cohérent sur le Cirque en général à travers  des mises en scènes extrêmement travaillées utilisant par ailleurs, des techniques parfaitement maîtrisées.

Il prône, me semble-t-il, le PLAISIR de réaliser des choses difficiles, incroyables et rigolotes ensemble. La pratique collective de l’exigence et de l’excellence comme thérapie à la solitude, à l’exclusion, au désamour. Travailler ensemble, réussir ensemble, rater aussi ensemble et rire surtout, s’épater soi-même et les autres mais toujours ensemble. Nous sommes loin de l’exploit solitaire et douloureux, du dépassement de soi dans la compétition pour être le meilleur. C’est beau, émouvant et tellement optimiste et joyeux. Quand tous les spectacles sont dans cette dynamique ce ne peux pas être un hasard. C’est la ligne éditorial de ce festival exceptionnel plébiscité par un énorme public familial totalement sous le charme.

Il paraît que ce Pôle va très bientôt se voir doté d’un chapiteau en dur. Bravo !
Il faut aussi que Pierre-Marie soit soutenu, aidé. Le ministère, s’il vous plaît, je ne vous y ai pas encore vu (pardon je me suis engagé à ne pas dire de mal de qui que ce soit dans ce « livre vivant »).

Mais de quoi je me mêle ?
De vous faire découvrir et aimer un magnifique projet novateur, (dans une très belle ville en plein développement – la mienne – ), maîtrisé par un homme compétent, courageux, passionné,  qu’il ne faut pas laisser seul.

S'il vous plaît, dites-moi quelque chose ici !